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Aquarium de Lyon : 2 août 2010
Cette visite était destinée à découvrir le nouveau bassin des requins et franchement je ne suis pas déçue : c'est une vraie merveille. Je vous en parlerai un peu plus loin, et je commencerai cette visite avec quelques photos de nouveaux venus.
Voilà un superbe poisson : le baliste clown  (Balistoides conspicillum).
C’est le baliste le plus célèbre et le plus coloré. En liberté, le baliste clown peut atteindre 50 cm mais en captivité, il dépasse rarement les 25 à 30 cm. On le rencontre à l'état sauvage dans le Pacifique nord ouest, Asie du sud et  Australie sud ouest
Bon, j'imagine que vous vous demandez "pourquoi une grenouille qui part à la pêche ?" et bien tout simplement pour vous présenter un poisson en forme de grenouille qui dispose d'une canne à pêche. Non, non, je n'ai pas abusé de quelconque substance, voyez de vous même....
A 1ere vue, ça ne ressemble pas à grand chose, mais je vous présente le poisson grenouille antennaire peint ( antennarius pictus ). Je précise qu'il ne devait pas mesurer plus de 5cm, d'où la difficulté d'avoir de bonnes photos.
 
Tous les poissons grenouilles  ( environ une quarantaine d'espèces) possèdent un organe faisant fonction de canne à pêche. A l’extrémité, une excroissance membraneuse fait office d’appât en attirant leurs proies, à savoir des petits poissons, qui seront entièrement engloutis d’un trait. Le dos arqué, les flancs aplatis, ils ont des tons proches du blanc à presqu’entièrement noirs, en passant par le jaune, l’orange, le brun, le vert ...
Les poissons-grenouilles vivent dans les régions tropicales et subtropicales de l'Atlantique et du Pacifique, ainsi que dans l'océan Indien et la mer Rouge.
 
Ils ont un aspect trapu, atypique des poissons ( ça, vous vous en êtes aperçu vous même). Allant de 2,5-38 cm de longueur, leur gros et non-aérodynamique corps est sans écailles et nu, souvent couvert de bosses et de spinules à deux volets.
L'aspect inhabituel du poisson-grenouille est conçu pour le cacher contre les prédateurs et parfois pour imiter un repas potentiel de sa proie. En éthologie c'est ce qu'on appelle un mimétisme agressif. Leur forme inhabituelle, les couleurs et les textures de la peau servent de déguisement au poisson-grenouille. Certains ressemblent à une pierre ou du corail tandis que d'autres imitent des éponges.
Voilà enfin une photo qui vous donne une idée plus précise ( enfin si on peut dire) de ce drôle de poisson.
Vous pouvez apercevoir en haut à droite, un petit pompon blanc, qui lui sert de canne à pêche ( voilà j'y arrive à ma grenouille pêcheuse).
 
La première épine dorsale est modifiée pour donner un appendice "canne à pêche " qui se termine par un leurre que le poisson agite pour attirer des proies qu'il attrape en un temps record ( 6 millisecondes )
En voilà un qui a un air un peu plus sympathique, du moins dans ses couleurs : le poisson grenouille anténnaire verruqueux ( Antennarius maculatus).
Comme tous les poissons grenouilles il a une forme globulaire, un corps extensible et une grande bouche prognathe qui leur permet d'avaler des proies aussi grosses qu'eux. Les "fentes" branchiales sont petites et arrondies situées derrière la nageoire pectorale .Elles permettent une propulsion par réaction extrêmement rapide.
Les nageoires pectorales ressemblent à des pattes et l'articulation à un coude. Ils s'en servent pour "marcher"
Et voilà enfin le nouveau bassin des requins qui aura nécessité plus d'un an de travaux. Seul petit inconvénient, mais qui sera vite réglé dans quelques semaines : la transparence de l'eau.... comme vous pouvez le remarquer l'eau du bassin n'est pas encore stabilisée, ce qui m'a posée d'énormes problèmes pour faire des photos.
Vue d'ensemble de la partie haute
Vue d'ensemble de la partie basse
Vue d'ensemble des deux niveaux
Historique des travaux de ce nouveau bassin tiré du dossier de presse de l'aquarium :
"Dès novembre 2008, nous entamons la toute 1ere étape : la préparation du terrain.
L’objectif est de fabriquer tous les outils nécessaires à la pêche des requins (brancards,
cage de capture et grand filet). Le 5 mars 2009, une équipe de 10 plongeurs donne le coup d’envoi. Les requins sont remontés à la surface et délicatement transportés jusqu’au camion contenant 5 cuves de 2 000 litres d’eau chacune. Direction la Hollande ! 12 heures plus tard, les requins arrivent à destination en bonne santé.
Le bassin est ensuite occulté pour la protection du chantier et de nos visiteurs.
Derrière les vitres, la société Coutant, leader européen dans la construction d’aquariums, procède au démontage du décor, au remplacement des vitres latérales et au changement
complet de l’étanchéité du bassin. Tout commence par le démontage des vitres latérales en verre. En parallèle, sur les murs et le fond du bassin, le polyester bleu est retiré et la surface de béton décapée. Objectif : une meilleure adhérence de la future étanchéité. Place au sablage des murs. Cette étape, plutôt longue, est très importante pour assurer le bon fonctionnement du nouveau bassin.
L’équipe de travail entame ensuite la pause du nouveau décor : ils installent le PVC (sorte de tuyaux) qui donnera la forme du décor, et projettent le béton sur ce dernier. Une fois le décor terminé, pendant 24 heures, l’équipe s’attelle au rinçage du bac à l’eau douce.
C’est l’heure du remplissage à l’eau de mer, étalé sur 4 matinées. Une vingtaine de camions citernes de 25 000 L sont mobilisés, en provenance de la Méditerranée.L’avant-dernière étape consiste en l’équilibrage biologique du bassin. L’objectif est de reproduire au plus près le concept naturel mais à une échelle bien évidemment plus concentrée.Enfin, ce bac de 450 000 litres est prêt à recevoir ses habitants. Dès le mois de décembre 2009, l’Aquarium reçoit régulièrement des anthias, des demoiselles et plusieurs milliers de poissons récifaux. Les requins léopard, la nouvelle espèce de ce bassin, débarquent à Lyon. Jusqu’en mars, ils sont maintenus en quarantaine afin de suivre de près leur acclimatation. La première raie pastenague arrive début mars dans le bac. Quant à nos requins partis en vacances en Hollande, ils sont de retour fin mars 2010 et montés directement dans le nouveau bassin, accompagnés des raies guitares. Tout ce petit monde est fin prêt à faire connaissance et à cohabiter !"
Bilan de l’aventure en chiffre clés
Après 10 mois de réalisation, que représente ce nouveau bassin ?
En volume, la fosse aux requins représente presque la moitié du volume total de l’Aquarium du Grand Lyon, soit 450 000 litres d’eau sur 1 100 000 litres.
Le nouveau décor, composé de 23 tonnes de béton, s’étend sur 8 mètres de hauteur, derrière 100 m² de vitrage (23 cm d’épaisseur pour les vitres du bas et 16 cm pour celles du haut).
Au sol, 30 tonnes de sable se fondent dans ce nouveau décor, à l’image d’un tombant rocheux de l’île de la Réunion. La température intérieure est de 25°C, toute l’année ! Un éclairage de nuit est mis en place pour simuler l’effet de la lune sur les animaux. Naturellement époustouflant !
Commençons à découvrir les habitants du nouveau bassin avec les requins à pointes noires ( Carcharhinus melanopterus) et un diaporama de 7 photos de ce superbe animal.
Les nouveaux venus : un couple de requin léopard (Stegostoma fasciatum). Lors de ma visite, seul le mâle évoluait dans le bassin, la femelle était " couchée" au sol car elle se faisait déparasiter par des petits poissons ( les labres) qui vivent au fond du bassin. ( diaporama de 6 photos)
3° espèce de requin présentée avec un diaporama de 4 photos : le requin corail (Triaenodon obesus)
Et voilà la 4° espèce présente dans le bassin, le moins facile à photographier, car toujours en train de dormir sur le fond sableux : le requin nourrice ou dormeur ( Ginglymostoma cirratum ).
Pour terminer avec les plus gros habitants de ce bassin, voilà un diaporama de 4 photos de la raie guitare (Rhynchobatus typus). Une autre espèce de raie sera bientôt introduite dans le bassin : la raie pastenague
Après autant de lecture, je vais vous laisser tranquille pour admirer d'autres résidents de l'aquarium
Un poisson ballon pintade ( Arothon meleagris )
Les "habitants" du bac central de la zone des eaux de mer avec un diaporama de 9 photos
Dans le bac voisin, le mérou de Formose ( cephalopholis formosa ) évolue toujours aussi discrétement au milieu des rascasses. Mais sa taille lui interdit désormais de se cacher sous les roches.
Toujours dans la salle des eaux de mers, l'immense bassin des poissons tropicaux, devant lequel j'ai souvent passé de longues heures à photographier des poissons tous petits. Au fil des mois et des années, ils ont tous pris une taille imposante, et c'est devenue plus facile de les mettre dans la boite. Petit diaporama de 6 photos de ces petits poissons devenus grands
Voilà le seul petit poisson que j'ai réussi à photographier dans la fosse aux requins. Il faut dire que dans 450 000 litres d'eau, photographier un petit poisson de moins de 10 cm relève du miracle. C'est un Poisson-papillon à tête jaune (Chaetodon xanthocephalus)
Et pour finir cette visite, un petit cours de photographie.
On dit toujours qu'en photo animalière, il faut prendre l'animal en entier pour que la photo soit la plus belle. Et bien, je vais vous faire voir que ce n'est pas toujours le cas.
La preuve avec cette Crevette nettoyeuse (Lysmata amboinensis). En gros plan, on voit bien les détails de cette superbe petite crevette, mais si je veux vous la montrer en entier, elle devient vite un petit point rouge au fond de son bac : en cause ses immenses antennes qui me forcent à travailler en grand angle....
poisson porc-épic à taches auréolées (Diodon liturosus )
Pour finir avec la fosse des requins, on peut aussi y admirer une trentaine d'espèces de poissons ( poissons anges, demoiselles, poissons chirurgiens, poissons ballons et porcs épics, poissons papillons, balistes, barbiers et labres)
Précision :
Un internaute m'a informé que le terme " bayer aux corneilles" ne s'écrivait pas ainsi " bâiller" comme je l'avais écrit initialement. En voilà l'explication :
Le verbe bayer qui signifie "avoir la bouche ouverte" ne doit pas être confondu avec bâiller.
Quant aux corneilles, au XVIe siècle, elles désignaient des objets insignifiants, sans importance. Ce terme pouvait aussi bien désigner l'oiseau, présent en grande quantité à cette époque, que le fruit du cornouiller.
Bayer aux corneilles voulait donc dire "rester bouche ouverte à regarder en l'air, contempler ou désirer des choses sans intérêts".
Pas de ballet aquatique pour la Murène léopard ( Gymnothorax favagineus ) qui n'est pas sortie de ses rochers et qui n'a fait que de "bayer aux corneilles"
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