C’est vrai que je ne suis pas très musée, mais je me suis laissée tenter par celui des arts asiatiques de Nice et franchement je n’ai pas été déçue. Je vais vous faire découvrir ce lieu hors du temps, et essayer de vous donner le maximum d’informations sur les pièces exposées.

 

 

Placé au milieu des parfums et de la verdure, le musée des Arts asiatiques est construit sur le lac du parc Phoenix, donnant l'illusion de flotter sur l'eau. L'esthétique architecturale du musée repose sur le contraste des formes pleines et des parois transparentes.

 

 

Le marbre blanc recouvrant les murs du musée lui apporte une apparence de robustesse tandis que les pans de verre lui concèdent de la légèreté.  Son architecte Kenzo Tange explique : «  Le plan du musée repose sur deux formes géométriques fondamentales de la tradition japonaise; le carré, symbole de la terre, et le cercle, symbole du ciel…dans mon esprit, ce musée est un bijou couleur de neige brillant dans l'azur de la Méditerranée. C'est un cygne qui flotte sur un lac paisible au milieu de la végétation luxuriante.»

 

 

Les quatre cubes situés autour de la pièce centrale évoquent les deux civilisations mères, Chine et Inde, et leur transmission vers le Japon et l'Asie du Sud-Est.

 

 

La présentation muséographique conçue par l'architecte François Deslaugiers va totalement dans le sens de la mise en valeur totale de l'objet, par des supports de verre susceptibles de disparaître, de ne pas créer de distorsion pour l'oeil avec les matériaux clés du bâtiment -marbre, métal et verre- et un éclairage peaufiné, faisant de chaque pièce une oeuvre unique, apparaissant magiquement dans la lumière.

 

 

 

 

Un premier cube nous invite à découvrir des pièces typiques de l’Inde, comme ces deux statues : Indra, dieu cosmique et Indrani, son épouse, assis dans la pose de délassement royale ( Népal – 15° sc – cuivre fondu à la cire perdue et doré, incrustation de pierres :

 

 

Symbole de la fécondité : Salabhanjika, ou déesse de l’arbre ( inde – milieu du 1° sc – marbre blanc avec des traces de polychromures). Incarnation des forces vives et régénératrices de la nature, le thème de la divinité à l'arbre est l'un des motifs de prédilection des sculteurs de l'Inde ancienne et médiévale. La déesse touche un manguier, dans la position de triple flexion canonique ; son contact ou sa simple présence, suffit à faire fleurir l'arbre ; l'énergie fécondante de la femme se transmute ainsi symboliquement en sève nourricière  :

 

 

Ganesha dansant ( inde du nord – 2 moitié du 10° sc – chlorite noire). Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, est représenté ici en train de danser : des bracelets ornent ses chevilles tandis que sa huitième main revient sur l’estomac dans le geste traditionnel de la danse sacrée. Il est entouré de deux musiciennes et surmonte le rat :

 

 

Pieds de trône ( inde du sud – 18° sc – ivoire). Les pieds de trône sont en forme de pattes d'oiseau de proie. La figuration réaliste de la peau craquelée et des serres se mêle au décor exubérant de motifs végétaux et de bijoux qui couvrent la patte de l'animal :

 

 

Durga Devi, un des aspects de la déesse mère. Ces statues rituelles du Bengale sont préparées chaque année pour les célébrations à la déesse, à l’issue de ces fêtes elles sont immergées dans le Gange.

 

 

La zone Asie du Sud Est avec une tête de Shiva ( vietnam – 8 – 9° sc – alliage d’or et d’argent repoussé).

 

 

 

Prajnâparâmitâ, divinité féminine ( cambodge, 12° sc - bronze, style d'Ankor Vat). La complexité et la qualité de la forme à la cire perdue, le soin apporté aux détails du visage, du costume, des parures et des attributs, contribuent à faire de ce bronze un chef-d'oeuvre de l'art cambodgien. Cette divinité, de Prajna la "connaissance supérieure" et Parâmitâ la "Vertu transcendante", personnifie la Sagesse Parfaite. Les dix têtes, disposées sur la coiffe, dénombrent les vertus nécessaires pour atteindre l'Eveil.

 

 

Kin Toan N'ghe, paire d'animaux mythiques ( vietnam du Nord – 15° sc - bronze à la cire perdue à forte teneur en plomb). En forme de lions, ces animaux évoquent le bestiaire fantastique de la Chine ancienne. Assis sur leur socle en forme de lotus, ils symbolisent la puissance de Bouddha et la force de son verbe, tel un rugissement.

 

 

Dans la zone du Japon, une Armure de daimyô ( casque, époque Momoyama(1600), acier, cuivre doré, cuir de buffle et de daim, brocard de soie, dorure à la feuille d'or, Laquage, tressage de soie). Une armure doit protéger le samouraï et impressionner l'adversaire. Combinant souplesse et légèreté, elle se compose d'un casque, d'une cuirasse, d'une jupe, d'armes en plaques de fer, de brassards et de plaques de métal protégeant les membres. Aux armoiries de la famille Andô, seigneur du fief de Tanabe, province de Kii, cette armure de prestige fut portée lors de la cérémonie de passage à l'âge adulte (genpuku) célèbrée à l'âge de quinze ans.

 

 

Dans la pièce centrale j’ai admiré un Fauteuil en racine ( chine – 18° sc - racines d'essences fruitières, bois laqué noir pour l'assise).  Ce siège constitue une bonne illustration du lien qui en Chine n'a cessé d'unir l'homme à la nature. Face aux épures rigoureuses en bois de " huali " d'obédience confucéenne, naît à compter de la fin des Tang, un mobilier original fondé sur une esthétique tourmentée.

 

 

Dans la partie basse du musée je suis tombée sur une superbe exposition : Trésors du bouddhisme au pays de Gengis Khan. Cette exposition, événement phare de la programmation de cette année 2009, présente, pour la première fois en Europe, une collection unique, sauvée des destructions massives des temples mongols en 1928.

 

 

L’exposition commence par une série de masques dont celui de Zamundi ( mongolie – 19° sc). Ces masques servent lors des danses tsam. Ces danses sont une forme artistique héritées de l'Inde et transmises par le bouddhisme. Il s'agit d'un art théâtral exécuté par des danseurs professionnels masqués et costumés, mimant les grands miracles de la légende dorée bouddhique :

 

 

 

Autre masque, celui d’un des 15 protecteurs de 10 directions ( mongolie – 19° sc).

 

 

Et voilà maintenant les trésors du bouddishme, en commençant par un Lama ( mongolie – 17 – 18° sc - bronze doré - 21 cm). L'originalité de cette pièce tient principalement à l’association d'un socle parallélépipédique à décor incisé avec un piédestal revêtant la forme d'un péricarpe de lotus en relief. Ce lama, indentifiable à sa coiffure de l'école gelugpa, tient dans son giron, entre ses mains, le vase d'élixir d'immortalité d'où jaillissent deux tiges de lotus couronnées d'une cloche et d'un foudre diamant. Le rendu de son vêtement manifeste une grande maturité. Son visage poupin a gardé les rondeurs de l'enfance. Il a été recouvert d'un or mat rehaussé de polychromie discrète.

 

 

Une tenture représentant une assemblée monastique ( mongolie – 18 – 19°sc – pigments minéraux et or sur coton) :

 

 

Une porcelaine représentant Bodhisattva Guanyin ( chine – fin du 18° sc) :

 

 

Padmasambhava, école de Zanabazar ( mongolie – 17 – 18° sc - brone doré - 22 cm).  Padmasambhava, est un des fondateurs du bouddhisme tantrique himalayen.  Vers 750, il fonde au Tibet le premier monastère, Samye. Il est considéré depuis le XVè siècle comme le premier maître de la lignée à laquelle appartiennent les Dalai lamas.

 

 

Une pièce sur laquelle je n’ai pas trouvé d’informations, et c’est dommage. J’ai admiré la finesse de ses détails, je vous la présente de face, de profil et de dos, c’est une splendeur :

 

 

 

Une autre pièce où je n’ai pas d’informations non plus :

 

 

Avalokiteshvara Shadakshari ( mongolie- 17 – 18° sc – bronze doré). Vous imaginez comment je me suis amusée à noter ces noms …. Difficile de vous expliquer qui c’est, tant la religion bouddhiste et ses courants sont complexes.

 

 

Vajra Pnadjara (mongolie- 17 – 18° sc – bronze doré ).

 

 

Shyama Tara ou Tara verte (mongolie -  17 – 18° sc – bronze doré- 27,5 cm). La Tara verte est particulièrement connue par sa puissance pour surmonter les épreuves difficiles assurant la protection et le réconfort contre les dangers. Les textes la décrivent comme éclatante de jeunesse, faisant de la main droite le geste du don, tenant de la main gauche un lotus fleuri.

 

 

Une tenture représentant Dorjpagma ( mongolie – 19° sc – soie appliquée, coton, corail et perles).

 

 

Vue d’ensemble sur une vitrine d’exposition :

 

 

 

Encore une Shyama Tara ou Tara verte ( mongolie – 19° sc – soie appliquée, coton, corail et perles).

 

 

Maitreya ( mongolie – 16 – 17° sc – bronze doré). Maitreya est un Mahābodhisattva (désigne celui qui a formé le vœu de suivre le chemin indiqué par le bouddha Shākyamuni ) qui serait le prochain Bouddha à venir lorsque le Dharma, l'enseignement du Bouddha Shakyamuni, aura disparu. La croyance en l'avènement de Maitreya est partagée par les courants theravāda et mahāyāna du bouddhisme.

 

 

Tenture de Phagpa ( mongolie – 18 – 19° sc – soie appliquée à fil d’or).

 

 

Stupa ( mongolie – 18° sc – cuivre doré avec incrustations de turquoise et perles de corail). Elément emblématique du monastère bouddhique, le Stupa mongol est l'héritier du Stupa tibéto-népalais. Symboles visibles du bouddhisme marquant le paysage. On distingue les petits Stupa reliquaires abrités dans les temples et les grands Stupa votifs extérieurs : ceux-ci sont en général construits pour apporter des mérites à un vivant ou à un mort ou abriter les cendres des lamas.

 

 

 

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