Ce n'est pas par hasard si, depuis 1859, le Yachting Mondial a choisi Cannes comme terrain de jeux. En effet, peu de rades jouissent d'un environnement aussi agréable à l'œil que doux à la navigation. Depuis plus d'un siècle les plus beaux yachts du monde s'affrontent dans cette baie harmonieuse. Plus de 70 jours par an, le plan d'eau de Cannes se couvre de voiles à l'occasion de nombreuses régates organisées par l'un des quatre clubs nautiques cannois. Mais, incontestablement, ce sont les "Régates Royales" qui, chaque dernière semaine de Septembre, constituent le "point d'orgue" de la saison, réunissant plus de 150 yachts parmi les plus beaux du monde, de 10 à 50 mètres.

Je ne peux pas résister chaque année à admirer ces « oiseaux des mers ».  L’année dernière, je vous avais présenté quelques photos. Cette année, ce fut peut être un de mes meilleurs moments «  photos », j’ai pris beaucoup de plaisir à admirer (et photographier) les détails (poulies, cordages, instruments de navigation..) de ces bateaux. J’ai essayé de chercher le maximum d’informations sur ces bateaux, certaines peuvent vous sembler techniques et trop longues, il suffit de « zapper » les lignes. Par contre j’en connais certains qui seront ravis d’en savoir plus ( je pense à mon mari, et à celui de Patricia)

 

 

Seul problème, le « tangage » : les bateaux sur l’eau ça bouge (même amarrés dans un port), et moi ça me donne le mal de mer de les voir tanguer même si je suis sur la terre ferme. Alors je vous explique pas quand je suis allée faire des photos sur les pontons flottants, les marins rigolaient doucement de me voir chercher mes appuis …

 

 

Je commencerai cette page en vous présentant le Thendara. L’histoire de ce « ketch » (voilier à deux mâts)  commence en 1936, lorsque Sir Arthur Young, l'un des navigateurs leader en Ecosse, a commandé ce bateau à Alfred Mylne. Construit et lancé l'année suivante, il a connu un succès immédiat que ce soit en course ou en croisière :

 

 

Après la mort de Sir Young en 1949, Thendara a changé plusieurs fois de propriétaire. Entièrement rénové en 1993, il est retourné l’année dernière en « cale sèche » pendant  plusieurs mois pour une « refonte de sa coque ».

 

Bout du mât, estampillé par le fabriquant de l’époque :

 

 

Il mesure 36,5 m de long, pour 6,9 de large avec un tirant d’eau de 3,90 m ( hauteur de la partie immergée du bateau).

 

Détail de sa coque :

 

 

Si, à l’extérieur tout respire l’ancien, à l’intérieur on trouve tout le confort : air conditionné, générateurs, dessalinisateurs, et des systèmes modernes de plomberie et d'électricité, tous soigneusement dissimulés afin de ne pas gâcher le charme d'époque.

 

 

Il peut naturellement naviguer à la voile, mais est aussi équipé de moteurs … ça gâche un peu le charme de l’ancien

 

La barre de manœuvre :

 

 

A bord, 6 cabines peuvent accueillir 13 passagers, dans du grand luxe.

 

Détail des cordages d’une des voiles :

 

 

Récemment ce bateau a été mis en vente à 4 950 000 euros ( oui, oui, vous avez bien lu, presque 5 millions d’euros). Je ne sais pas si la vente a été réalisée depuis.

 

J’ai trouvé original de prendre cette photo des pieds du marin en équilibre sur un des mâts. Une photo que je pensais présenter au concours photo organisé à l'occasion de ces Régates, c'est le 1er prix qui m'a fait reculer : un embarquement lors de la régate de ralliement entre Cannes et St Tropez, même avec de la "cocculine" ça n'aurait pas marché :

 

 

 

Comme vous avez pu le voir avec le Thendara, les navires les plus prestigieux possèdent pour la plupart l’estampillage de leur constructeur sur le bout du mât arrière (dont je n’ai pas réussi à trouver le nom précis). Pour les bateaux en entier, on verra l'année prochaine !!!! :

 

 

Voilà celui du Mariska, un voilier de 27,6 m de long, construit en 1908, et qui sort de deux ans de restauration complète ( il était complètement pourri et sa coque avait raccourci de plus de 3m) :

 

 

Le Talisman, construit en 1920, mesure  23,5 m pour une largeur de 4,1m :

 

 

Le Mariella, de 1938, 20,04 m de long, 4,8 de large avec une surface de voilure de 278 m2 :

 

 

L’Avel de 1896, 18,10 m de long, 3,5 de large avec une surface de voilure de 218 m2 :

 

 

L’Emilia de 1930, 20,98 m de long, 3,83 de large, restauré il y a 10 ans :

 

 

 

La voile c’est aussi des instruments de navigation, en voilà quelques uns avec pour commencer le compas du Thendara :

 

 

Les commandes moteurs d’un autre voilier :

 

 

La barre du Shamrock V, peut être le voilier qui m’a le plus impressionné pour ses pièces en cuivre brillantes sous le soleil :

 

 

Bon à l’époque de sa construction, ce voilier ne devait pas disposer de tous ces instruments : petit ordinateur ( en haut), puis en bas de gauche à droite : calcul de la vitesse du bateau, boussole, vitesse du vent et « profondeur » ( mais je ne sais pas de quoi) :

 

  

 

Un « transmetteur d’ordre mécanique», ( appelé aussi chadburn) désactivé. En fonctionnement il permettait de transmettre les ordres basiques à la salle des machines :

 

 

Une barre c’est le module de manœuvre du gouvernail, celle ci est assez spéciale car elle est inclinée :

 

 

Un compas, il sert à indiquer la direction :

 

 

Passons maintenant à l’élément essentiel d’un voilier : ses cordages

 

 

Le cordage est le terme général maritime désignant les grelins, amarres, filins, drisses, écoutes, haubans, etc. Le mot corde n'étant utilisé que pour une seule désignation : la corde de la cloche. Moi je n’ai pas réussi à faire le tri de tout ce que j’ai vu :

 

 

Des cordes sur le Shamrock V :

 

 

Les cordages peuvent être en coton, chanvre tressé, nylon, polyester, polypropylène,

 

 

Le terme "corde" était également utilisé en marine pour la corde qui servait à la pendaison des marins condamnés, ainsi que pour l'instrument avec lequel on frappait les matelots.

 

 

 

Et le « B.A.BA » de la voile, c’est de connaître les nœuds, et il y en a plus d’une soixantaine. Attention quand vous tirez sur le mauvais bout du noeud, au mieux vous en ferez un autre, au pire vous vous prendrez une voile sur la tête :

 

 

La suite des régates :

 

Copyright © Isabelle Leca. Tous droits réservés. - Site créé avec ThunderSite