Cette visite hivernale a été l'occasion d'un grand moment d'émotion et de bonheur. C'était le but de ma visite : apercevoir les derniers nés du parc : 2 lynx caracals( caracal caracal) qui ont vu le jour le 8 novembre.
"Apercevoir" : c'est aller bien au delà de mes espérances. En effet dés mon arrivée matinale, la mère a eu la judicieuse idée de sortir de sa loge de nuit pour chercher sa nourriture dans l'enclos extérieur. L'équipe animalière a lors fermé la porte, et j'ai pu à loisir admirer les deux petits :
Imaginez un peu, ce grand moment d'émotion en apercevant ces deux petites boules de poils, gentiment couchées dans la paille :
Gentiment, c'était vite dit, dès que nous avons approché, les bébés se sont mis en devoir de manifester leur mécontentement, à grand coups de crachements, il n'y a pas à dire, ils ont hérité du caractère de leur père :
Profitant que la mère était bloquée dehors, l'équipe a essayé de déterminer le sexe des 2 petits, il aura fallu 2 paires de mains pour maîtriser les petits fauves, et une 3° pour essayer de savoir si c'était des femelles ou des mâles. Même à 6 semaines, les petits possèdent déjà des griffes très acérées, qui font mal.
Alors pour celle de gauche, c'est sur, c'est une femelle, pour l'autre l'équipe pense aussi à une femelle, mais il faudra attendre encore un petit mois pour en avoir la certitude.
La visite n'aura duré que quelques minutes, nous sommes vite ressortis de la loge de nuit pour laisser la mère retrouver ses rejetons
Non content d'avoir enregistré cette naissance très rare (moins de 10 dans le monde en 2009), le parc a aussi accueilli de nouveaux venus. Dont une femelle Chat des Marais ( félis chaus), appelée aussi plus simplement : Chaus. La jeune femelle a joué un long moment à cache cache devant l'objectif, et il a fallu faire preuve de patience avant qu'elle s'habitue à ma présence.
Le Chaus vit en Afrique et en Asie et compte 9 sous espèces.Il mesure entre 60 et 75 cm de longueur (la queue représentant 40% de cette longueur, ce qui est relativement court), et peut atteindre 25cm de hauteur au garrot. Les mâles sont plus lourds que les femelles (environ 6 kilos contre 4)
C'est un excellent nageur, capable de se mettre à l'eau pour attraper des poissons ou pour échapper à des chiens ou à l'Homme. Il chasse aussi des rongeurs, y compris des ragondins ( 6 à 7kg), lièvres, oiseaux, reptiles, amphibiens, voire des jeunes d'autres mammifères (porcs sauvages).
Le mâle n'a absolument pas été dérangé par ma présence, le voilà en train de terminer sa nuit, tranquillement installé dans un abri fait de rondins et de paille, un vrai petit coin de paradis :
Allez, juste pour la photo, il a quand même accepté de lever la tête pour se rendormir aussitôt
Autres nouveaux venus : les Fennecs ( vulpes zerda). Le parc possédait déjà une femelle, qui a été rejointe il y à quelques semaines par une autre couple.
Il habite les déserts du nord de l'Afrique, allant du Maroc aux abords de l'Arabie saoudite. L'habitat du fennec est un terrier, creusé dans le sable ou dans de petites grottes. Naturellement, en ces périodes hivernales, les fennecs du parc sont rentrés dans des bâtiments au chaud.
Continuons avec les nouveaux venus ( et oui, encore, et vous n'avez pas encore tout vu), voilà les Mangoustes jaunes (Cynictis penicillata) au regard si fascinant. Elles sont au nombre de 3, et sont logées dans l'ancien enclos des fennecs, agrémenté de nombreux terriers où elles aiment se cacher. Il a fallu faire preuve de beaucoup de patience pour les observer. La encore ce sont des animaux des pays chauds, qui n'apprécient pas outre mesure nos hivers.
On la trouve dans les zones semi-désertiques ou de savane en Angola, Botswana, Afrique du Sud, Namibie et au Zimbabwe. Elle vit en colonies de 8 à 20 individus formées d'un couple reproducteur et de leur progéniture.
La mangouste jaune mesure de 40 à 60 cm de long pour un poids moyen de 600 gr. Sa queue, touffue, mesure une vingtaine de cm. C'est un animal carnivore opportuniste. Elle se nourrit en solitaire, plutôt le jour, en dehors des périodes les plus chaudes, mais parfois également la nuit. Les proies sont très variées. Parmi celles-ci on trouve des petits rongeurs, des insectes, des arachnides, des reptiles, des amphibiens, des oiseaux (et leurs œufs), des vers de terre...
La dernière venue à vous présenter, est celle qui a été la plus été coopérative pour la séance photo : la femelle Serval(Leptailurus serval). Cette série de portraits va me permettre de vous présenter en détails ce félin (informations tirées du site Terra Nova).
Le serval fait partie de la famille des Félidés et vit en Afrique. Quelques populations survivent encore au nord du Sahara. Avec ses 65 cm au garrot pour un poids de 10 à 15 kg, c’est le plus haut de tous les petits félins africains. Ses pattes lui confèrent un avantage dans les hautes herbes de la savane. Courts et puissants, ses postérieurs lui permettent des bonds vifs et amples.
Actif surtout la nuit, le serval regagne son abri au matin. A couvert sous un arbre, il se protège de la chaleur. La nuit a été bien remplie. Il a parcouru près de 4 km en quête de petits rongeurs. Cependant, le serval est l’un des rares félins, avec le caracal, à chasser le jour comme la nuit.
Pour satisfaire ses impératifs alimentaires, le serval a développé tous ses sens. En réalité, il sait tout faire. Il se déplace dans l’obscurité grâce à son excellente acuité visuelle nocturne. Si la nuit est trop sombre, ses vibrisses (longs poils) placés autour du museau prennent le relais.
Le serval est également doué d’une excellente ouïe. Elle lui est très utile pour repérer les petits rongeurs qui se dissimulent dans les hautes herbes. Ses oreilles sont les plus grandes de tous les Félidés et ses pavillons peuvent pivoter dans toutes les directions. Elles lui servent « d’antennes ». Un serval repère un petit cri situé entre 20 et 50 KHz bien au-delà des fréquences que nous pouvons entendre. Son ouïe est d’ailleurs si sensible aux sons à haute fréquence qu’un grand vent peut complètement perturber sa chasse.
Si l’opinion publique a souvent été mobilisée pour sauver les grands félins, le sort de leurs petits cousins est rarement évoqué. Le serval vit encore en assez grand nombre en Afrique par contre, il a du mal à survivre en Afrique du Nord.
Le serval a toujours été chassé pour sa fourrure. Quand une réglementation a interdit le commerce des fourrures des grands félins, ce sont les petits qui en ont fait les frais. Si la chasse n'avait pas été réglementée dans les années 1970, l'espèce aurait sans doute disparu. Cependant, le braconnage continue à faire des ravages.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, après cette série de photo, la femelle a tout simplement décidé que ca suffisait, et elle est repartie arpenter son immense enclos :
Les autres animaux du parc
Mona, la hyène rayée (Hyaena hyaena), dans une pose très nonchalante :
A l'aube de ses 20 ans, Chaka, affiche encore une belle vitalité, enfin surtout quand il y a du soleil
Mais à qui peut appartenir des serres aussi aiguisées ?
A une femelle Harfang des neiges (Bubo scandiacus)
Les Leptogrammes ( Strix leptogrammica ), bien qu'originaires des forêts asiatiques, supportent très bien notre climat :
Tous comme les Chouettes masquées ( strix rufipes ), toujours l'air endormies lors des séances photos :
En voilà une à son aise dans ce climat hivernal, la chouette de l'Oural ( strix uralensis), qui supporterait aisément encore 10° de moins :
Le martin-chasseur géant ou kookaburra (Dacelo novaeguineae), originaire d'Australie, a trouvé un truc pour se tenir au chaud : se gonfler les plumes :
Et pour finir cette visite, un Wallaby de Bennett (Macropus rufogriseus) très intrigué de voir un visiteur un dimanche matin, alors que le parc est normalement fermé au visiteur, pour lui ce n'était pas normal :